ARTICLES DE PRESSE

 

DAUPHINE LIBERE  : Inondations et remédiations

" J'étais alors adjoint au maire, raconte Jean Favier. Avec le député et le préfet nous avons pris la décision d'évacuer les vieillards et les enfants par hélicoptère. Nous sommes restés un mois jour pour jour sans route. Les valides, ceux qui pouvaient rester, s'étaient réfugiés au hameau voisin de la Clapière... Nous étions arrivés à nous demander s'il ne faudrait pas abandonner complètement le village. Les sous-sols, les étables, les rez-de-chaussée et parfois même les étages étaient envahis par la boue .... nous avions tout abandonné ... "

Ensuite, et cela est resté bien vivant dans les mémoires des habitants de Ceillac, le Service civique international est venu . " 140 personnes travaillaient chaque semaine pour nous aider à dégager les rues et les maisons. Des prêtres, des pasteurs, des professeurs, des jeunes.... 38 nations étaient représentées. "

" Le village, poursuivit Jean Favier, l'épicier du village, a été débarrassé de la boue et des graviers plus vite que l'on aurait cru. Et il a été si bien débarrassé que l'on n'a pas hésité à y remettre les bêtes et à nous y installer de nouveau .... De toute façon, nous n'avions rien d'autre. Seulement le danger demeurait. Le Service géologique classa le village comme " zone dangereuse " à cause de la création de ravins, des montagnes qui s'étaient effondrées. Les Ceillaquins étaient avertis. Il ne fallait pas compter rester là.

 

Du remembrement à l'aménagement

Ceillac devait se rebâtir à l'abri du torrent. Les pouvoirs publics, le ministère de l'Agriculture en particulier, étaient disposés à accorder des prêts avantageux. Dès lors que la reconstruction était envisagée il était exclu de reconstruire la voirie et le parcellaire qui ne comptait pas moins de 40 îlots de propriété à l'hectare, comme ils étaient avant les inondations. Il fallait faire le remembrement.

" Avant, explique un des adjoints au maire, la question du remembrement dormait. Ça ne plaisait pas beaucoup. Par la force des choses, dans l'année qui a suivi les inondations le remembrement était fait. "

Le remembrement fut réalisé sur une surface de 90 ha pour 3 623 parcelles. Le nombre de parcelles fut réduit à 381, soit sensiblement une parcelle pour 10 précédemment. La superficie moyenne de l'îlot de propriété est passée de 247 m2 à 2 740 m2. De plus une zone plus élevée bien exposée au midi et comportant des terrains pierreux de faible valeur agricole fut choisie pour l'implantation du nouveau village. Le plan de lotissement comprenait 25 îlots de 1100 à 1800 m2 qui furent attribués sur les indications du Conseil municipal.

Ainsi le remembrement dépassait le cadre agricole pour se consacrer également à l'aménagement. Des parcelles à destination non agricole étaient distribuées à chaque famille de Ceillac afin qu'elle pût y reconstruire son habitation. " Après, continue Jean Favier, il a fallu mettre en train la reconstruction. Ça a traîné pendant deux ans. Nous étions quelques-uns à dire "on a tout fait pour y parvenir, il faut construire ". Finalement 18 familles se sont décidées et ont construit leur maison à Ochette " bâties dans le style traditionnel, les constructions étaient au départ des maisons fermières : au rez-de-chaussée l'étable, au premier les habitations et au-dessus la grange. Mais le village, débarrassé de la boue, était de nouveau habitable. Les Ceillaquins, outre un profond attachement à leurs vieux chalets, hésitaient à mettre des bêtes dans des maisons neuves. C'est ainsi qu'est venu se poser le problème tourisme.

Il fut décidé de faire de ces chalets nouvellement construits des maisons pour touristes. Il était donc nécessaire de transformer le rez-de-chaussée et ce qui devait servir de grange.

 

ALPES MAGAZINE : Ceillac ~ juin 1957

Comme un fleuve de boue ...

Des maisons éventrées, des tonnes de boue... Au lendemain du 13 juin 1957, après le débordement dévastateur du Cristillan, le vieux village de Ceillac a été entièrement ravagé.

Ceillaquin depuis tant de générations qu'on ne les compte plus, Christian était encore tout gamin quand, avec la Lombarde, vinrent les premières pluies... Témoignage...


 
Il pleut depuis plusieurs jours. Une pluie continue, fine et tiède, qui active la fonte de la neige encore abondante en altitude. Le niveau des torrents monte d'heure en heure, sous le regard inquiet des parents. Déjà, on envisage le pire. Le Cristillan, impétueux, charrie des arbres dans un fracas épouvantable. La vieille bonne du curé, accompagnée de quelques saintes femmes, a bien organisé une procession le long de l'ancienne digue qui protège le village. Rien n'y a fait. Un barrage de branchages se forme, plusieurs troncs obstruent le chenal. Par les échancrures de la digue où l'on place d'habitude les plans inclinés des lavoirs, la boue vient vers nous inexorablement. Nous sommes au soir du 13 juin 1957. Pas de discours, chacun range ce qu'il peut, entasse l'indispensable. Certains lâchent leurs vaches dans la campagne, d'autres les conduisent à la hâte vers le seul enclos encore debout: le cimetière ! Et tirant qui les enfants qui le cheval, presque tout le monde s'enfuit en tentant vainement de fermer derrière soi la porte déjà enfoncée par un déluge de vase et de graviers. Ceux qui habitent sur la rive gauche du torrent trouvent refuge dans le chalet qu'a fait construire le docteur Faure-Brac. Les autres, les plus nombreux, partent en direction du hameau de la Clapière. Sur le chemin de terre boueux, on dirait presque un exode : des enfants dans des landaus, des infirmes et des vieillards sur des civières ou des brouettes. Partout, dans la nuit, montent des gémissements, des pleurs et des prières.

Combien de temps cela va-t-il durer ? Dix-huit heures, peut-être plus pour la pluie, et un ou deux jours de promiscuité forcée avant que vienne l'hélicoptère. C'est que, plus bas, l'eau a dévasté les gorges. Ceillac est coupé du monde. Femmes, enfants, vieillards nous sommes presque une centaine à être évacués, par petits groupes, vers Briançon. Quelle aventure ! Le bruit des pales, assourdissant, le ballet des hélicos, l'hôtel que l'on découvre pour la première fois. Et le train, les rails qui nous servent de terrain de jeu.

Les hommes - pères, ou frères plus grands - sont restés pour s'occuper des troupeaux. Mais la boue est partout, dans les caves, dans les belles étables voûtées qui font l'honneur de nos maisons, et jusqu'au premier étage, parfois. Dans la gangue de terre et de pierres, les uns et les autres s'efforcent de retrouver des objets, des outils. Les animaux de la basse-cour ont péri les cochons ont pu être sauvés. Un jour, deux jours. Chacun s'attelle au déblaiement, à la pelle à la brouette, sans grand espoir : par endroits, la coulée atteint deux mètres cinquante. Enfin arrivent les engins du génie et des entreprises de la vallée. Ils ont réussi à rétablir la route dans les gorges.

 

Le drame de Ceillac émeut la France entière. Des centaines de volontaires viennent sur place prêter main-forte à la remise en état du village. Des financements, débloqués en urgence, permettent de reconstruire les digues, afin de protéger le village d'un nouveau débordement du Cristillan.

Mi-juillet, le désespoir s'éloigne avec l'arrivée de dizaines de volontaires du Service civil international. Durant des mois et des mois, ils vont être plus de trois cent cinquante, venus de dix-huit pays, à aider. Sur le torrent, on a jeté une passerelle provisoire. Il est temps de se mettre à rentrer le foin. De Briançon, nous sommes rapatriés à Guillestre. On y a tous un petit cellier. On va y rester quelque temps. C'est un peu rude après l'hôtel ! Bientôt, ce sera Ceillac et nos maisons tant désirées, et pourtant encombrées et encore malodorantes. Vêtements, mobilier, poules, lapins, dictionnaires, jouets la radio fait merveille, et la France découvre l'existence de ce petit village du Queyras. Bientôt, on annonce des aides pour reconstruire le village un peu plus haut. Personne ne le souhaite. Et notre commune, qui était celle qui avait le moins adhéré aux innovations prônées en matière d'agriculture, sera la première à se lancer dans l'aventure du remembrement et de l'aménagement d'un lotissement

Les indemnisations tardent les mois, les années passent. Alors, chacun retourne à sa maison ancienne, la répare, la modernise. Et, en 1964, quand la première habitation du lotissement sort enfin de terre, elle n'a plus rien d'une ferme. C'est le touriste désormais que Ceillac veut accueillir. Une ère nouvelle va commencer, celle du renouveau, animée par Philippe Lamour qui sera l'initiateur de la création du Parc régional du Queyras..

Christian GROSSAN

 

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DAUPHINE LIBERE du 31/07/60 : Violent orage et beaucoup de dégâts

 La vallée du Cristillan, une fois encore, vient d'être le théâtre d'une nuit angoissante, à la suite d'un violent orage qui dura plus de cinq heures et qui a causé d'importants dégâts.

L'importance des dégâts n'a rien de commun avec ceux recensés à, la suite des crues de juin 1957, mais les chemins particuliers, le chemin départemental 440 qui relie à Ceillac la vallée du Guil et les récoltes portent les empreintes de l'orage.

 

130 mm de pluie en moins de 6 heures

Les anciens de Ceillac qui en ont déjà bien d'autres, ne se souviennent pas d'avoir assisté à une telle violence de la grêle dont les grêlons, ce matin encore. recouvraient le sol. Jusqu'aux environs de 23 h, l'orage ne ralentit pas . Les eaux grossissaient d'heure en heure, emportant sur leur passage des mètres cubes de terre, de pierres, arrachant des arbres tandis que la rivière nommée "Le Cristillan" charriait un liquide jaunâtre fort épais. Au total 130 mm d'eau en moins de 6 heures.

Les routes étaient obstruées à plusieurs endroits. Entre l'embranchement de la Maison-du-Roy et Ceillac, une dizaine de glissements étaient dénombrés.

Depuis ce matin, chargeuses et bulldozers sont à pied d'oeuvre pour rétablir la circulation. La départementale 440 a vu sa chaussée se recouvrir de plusieurs centaines de mètres cubes d'alluvions.

En fin d'après-midi, il était permis de monter en voiture assez haut vers le plateau de Ceillac et le village pouvait être rejoint à pied.

Les communications téléphoniques furent interrompues mais les agents des PTT comme d'ailleurs ceux des Ponts et Chaussées et les entreprises privées ont pris d'utiles dispositions pour que tout rentre dans l'ordre aujourd'hui, sauf imprévu.

 

La nuit la plus longue

Les glissements de terre sont également nombreux sur la voie conduisant au Mélézet où des camps de vacances ont été isolés. Pour eux, comme pour les cam-peurs installés dans ces parages, cette nuit a été la plus longue et Le Cristillan, vers le Mélézet est sorti de son lit, contournant un pont dont les culées ont été légè-rement malmenées. S'infiltrant dans les moindres ruisseaux les eaux ne tardèrent pas à venir troubler le repos des campeurs qui durent à la hâte déménager sous l'orage et chercher un gîte plus sûr. Fort heureusement, à partir de 24 h, l'orage se calmait et seulement des dégâts matériels étaient constatés.Ceillac ravitaillé par hélicoptère

Le rapide et imprévisible grossissement du torrent et de ses ruisseaux affluents en isolant Ceillac et ses hameaux devait considérablement perturber le ravitaillement des camps de vacances, des campeurs et du village.

M. le sous-préfet de Briançon et ses services prenaient ce matin les mesures nécessaires pour remédier à cet état de choses.

A 13 h 30, un hélicoptère du Secours en Montagne de Briançon effectuait une première rotation, alors que les brigades de gendarmerie de Guillestre et Château-Queyras établissaient des liaisons radio. A plusieurs reprises l'Alouette III effectuait sa mission de ravitaillement, apportant aux populations isolées l'espoir et le réconfort après ces heures dé tourmente.

Au cours d'une dernière rotation d'hélicoptère a évacué sur l'hôpital de Briançon un jeune garçon souffrant d'une fracture du bras.

Après un nouvel orage cet après midi, le ciel redevenait bleu sur Ceillac et tout laisse espérer que demain la petite bourgade haut-alpine pourra vivre encore au rythme des vacances.

 

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Dauphiné Libéré du 31/3/71 : Arrivée des "estrangères"

 En un an, onze mariages ont été célébrés à Ceillac. Ce nombre étonne lorsque l'on sait que cette commune comptait, avant cette " épidémie ", deux cent dix habitants ! Mais ce n'est pas encore là le plus surprenant. La plupart des jeunes filles convolant en justes noces étaient des citadines, venues parfois de villes très éloignées.

Faut-il donc que le sex-appeal des jeunes gens de Ceillac soit irrésistible pour qu'y succombent Parisiennes ! Laonnoise, Marseillaise, Nantaise, Maconnaise, Dijonnaise, etc... Des jeunes filles qui venaient en vacances ou comme enseignantes d'une classe de neige et qui vont prolonger leur séjour en Queyras. ad vitam eternam !

On parle toujours de l'exode rural. Alors, si nous changions un peu de refrain en saisissant l'occasion que nous offrent ces jeunes femmes devenues, alors qu'elles prononçaient le " oui " du consentement, des Ceilloquines, non pas seulement de coeur, mais à part entière.

Pour ces citadines. l'aventure était au coin des pistes. Car il s'agit bien d'une aventure, toute reconversion en est une. Si le " sentiment " a, dans cette affaire, le plus grand et le plus beau rôle, il ne peut cependant éliminer les autres éléments, tels que le changement radical du mode de vie, l'absence des distractions, souvent factices, que la ville promet...

 

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DAUPHINE LIBERE : Construction de l'hôtel Favier

M. et Mme Jean Favier, à Ceillac, sont les heureux parents de cinq enfants, dont le plus jeune, une fille, Marie-Thérèse, âgée de 19 ans, est étudiante à la Faculté des Sciences de Marseille et suit, en cela, les traces de son aîné Jean-Claude, 30 ans, docteur ès Sciences, professeur assistant à la Sorbonne, qui prépare sa thèse d'Etat.

Entre eux deux, trois garçons, Georges, 27 ans, Roger, 24 ans et Michel, 23 ans qui parlent de celui qui les précède dans la génération actuelle des Favier, en ces termes, dans lesquels on sent cependant beaucoup d'admiration et d'affection : " C'est la grosse tête de la famille ".

Jean-Claude est en effet un brillant universitaire, dont l'immense culture scientifique n'a d'égale que la simplicité.

L'été dernier, ses trois cadets ont poussé l'outrecuidance jusqu'à lui faire gâcher le mortier pour la construction de leur hôtel !

Et c'est justement là que se situe l'histoire des trois jeunes agriculteurs Haut- Alpins, reconvertis aux activités du tourisme : un exemple concret à donner et à suivre.

 

Une petite propriété

Georges, Roger et Michel, malgré les différentes activités familiales , épicerie, buvette et exploitation d'une petite propriété appartenant à la grand'mère, auxquelles s'ajoute l'affaire artisanale de transports de M. Jean Favier, leur père, avaient quelque inquiétude sur ce que serait leur avenir.

L'ensemble des entreprises familiales, bien géré et développé lentement à force de courage et de volonté, a permis à M. et Mme Jean Favier d'élever parfaitement leurs enfants, auxquels ils ont communiqué le sens de la famille et le goût du travail bien fait.

Intelligents et habiles, volontaires entreprenants et travailleurs, Georges, Roger et Michel auraient " fait leur trou " comme on dit populairement, n importe où.

Mais ils aiment passionnément leur petit village, leurs montagnes qu'ils ont escaladées en tous sens, dès leur plus tendre enfance, les forêts profondes parcourues silencieusement à la recherche des chamois, dont ils connaissent les rochers préférés.

Il nous souvient de la première promenade que nous fîmes avec Michel. Celui-ci, nous montrant le site splendide qui nous entourait, près du lac de SainteAnne, au pied des crêtes dentelées de la Font-Sancte, eut ces mots : " C'est beau, n'est-ce pas ? "

Et il y avait autant d'amour que d'admiration dans la petite phrase prononcée à mi-voix.

 

Ne pas partir

Solides et beaux gaillards, les trois frères, comme tant de jeunes ruraux haut-alpins, étaient-ils condamnés à vivoter toute leur existence sur une terre difficile, et autre, aspect non négligeable, à demeurer célibataires ?

Les filles, chez nous, ne veulent plus rester dans nos hautes vallées, comme le firent leurs mères : la vie y est trop dure.

Fort heureusement, Ceillac, grâce au dynamisme de ses administrateurs et au réalisme de ses jeunes, s'est tourné vers le tourisme.

Le vieux village montagnard se transforme d'année en année en une coquette et séduisante station d'été et de sports d'hiver.

C'est la seule chance qui lui restait pour ne pas disparaître et maintenir sa population.

Ne pas partir était le problème posé à nos trois amis. Il est maintenant résolu. La reconversion du village a favorisé la leur.

Dans le nouveau quartier de l'Ochette, un hôtel a ouvert ses portes à l'aube de cet hiver. C'est celui des frères Favier. Il est accueillant et confortable et s'inscrit parfaitement dans le Style du pays. Son originalité réside dans le fait qu'à part les structures générales de construction, murs et toiture, il a été entièrement amenagé et meublé par les trois frères.

 

Ingéniosité et efficacité

Très habiles de leurs mains, nos trois amis se sont partagé les tâches.

Roger a fait toute la maçonnerie intérieure, les carrelages, les revêtements de murs et le sanitaire.

Georges s'est occupé de la menuiserie et des boiseries, il a fabriqué tous les meubles, des chambres au bar, en passant par la salle à manger, et Michel les a tous sculptés dans le style du pays.

Ingéniosité et efficacité ont présidé à tous les travaux.

L'hôtel ouvert, il fallait que chacun ait ses attributions propres dès le début de la saison de ski. L'organisation familiale est d'ailleurs remarquable.

Georges s'occupe des transports des classes de neige et des skieurs. Roger qui est moniteur de ski, en dehors de ses heures de cours sur les pistes, anime la réception de l'hôtel. Le soir, il devient barman.

Quant à Michel, le benjamin qui a suivi les cours d'une école d'hôtellerie, il gère la maison et règne avec talent sur la cuisine.

L'hôtelier, c'est lui, disent ses frè-res. C'est d'ailleurs un maître-queux.

Leur affaire, fraternellement menée avec le concours initial de papa et maman Favier a pris un bon départ.

Pour le moment, ils en partagent les soucis et les charges. Demain, ils en partageront les bénéfices. Ils ne feront que récolter les fruits de leur travail et de leurs nombreux mérites.

 

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COURRIER MUNICIPAL

"Le Maire a fait de son mieux pour aider la commune dans cette première phase de sa mutation. Il n'a pu, en raison des obligations qui sont les siennes par ailleurs, dans le domaine national et international, être aussi souvent présent qu'il l'eût désiré et vivre en permanence dans la commune qui est devenue son pays, au milieu de ceux qui sont désormais ses concitoyens et ses amis. Il s'est efforcé d'accomplir sa mission qui était avant tout d'obtenir le concours des pouvoirs publics et la coopération des administrations nationales et régionales pour l'aménagement et l'évolution du village vers son nouveau destin dans le respect de son caractère propre et le maintien de ses traditions séculaires. Il s'est efforcé également par ses interventions personnelles, dans la mesure de ses moyens, d'aider ses compatriotes à résoudre leurs problèmes particuliers. Il s'excuse auprès d'eux s'il n'a pu mieux faire."
 

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Philippe Lamour, Dauphiné Libéré du 21/11/75 : Projet de construction d'une micro-centrale

 "Ce projet ne présente aucun intérêt, ni national, ni local. Par contre, il constitue une grave atteinte à l'activité touristique de la commune et une injustifiable agression contre la sauvegarde de la nature dans le périmètre d'un parc régional.

Jusqu'en 1965, le commune de Ceillac a subi les effets d'une dégradation économique et démographique qui la vouait, à terme, à la ruine et à l'abandon.

Depuis dix ans, avec l'aide des pouvoirs publics et notamment du commissariat pour la rénovation rurale en montagne, la municipalité et la population ont accompli un effort méritoire et persévérant, couronné de succès, pour la renaissance de la commune.

Celle-ci est devenue une station touristique d'hiver et d'été, équipée de six engins de remontées mécaniques ; des sentiers de promenade balisés ont été aménagés. Deux mille trois cents lits ont été créés, soit dans l'hôtellerie familiale, soit par une société d'intérêt collectif agricole groupant les appartements des propriétaires agriculteurs. Sa fréquentation moyenne en saison est de 3 000 personnes en permanence.

De ce fait, la population sédentaire s'est accrue de 15 % entre les deux recensements. De jeunes ménages ont pu s'y fixer et y fonder un foyer, de sorte qu'il a fallu procéder à la réouverture d'une nouvelle classe de l'école, qui était fermée depuis la fin de la guerre ...

Le succès de cette œuvre de rénovation ne peut être maintenu que si est également maintenu le caractère attractif du site, et au premier chef, celui de la pittoresque gorge du Cristillan, par laquelle on accède à Ceillac.

C'est ce magnifique paysage, qui séduit, dès l'abord, las visiteurs, qu'on se propose de détruire en portant le plus grave préjudice à la commune et à la population qui vivent désormais du tourisme.

Les touristes, actuellement très sensibilisés sur la protection de la nature, se détournent des paysages pollués par d'inutiles installations industrielles.

Ce projet est d'autant plus inadmissible qu'il concerne l'un des plus beaux paysages du Parc Naturel Régional du Queyras et que les lignes électriques destinées à évacuer la courant produit vers le réseau existant envahiraient et détruiraient aussi la paysage des gorges du Guil.

Est-il possible que les pouvoirs publics décident d'affecter une Zone à la protection de la nature pour se démentir ensuite en consentant à sa destruction ? Veut-on renouveler l'erreur commise dans le Parc National de la Vanoise qui a, à juste titre, scandalisé l'opinion nationale et internationale. Sera-t-il nécessaire de la mobiliser à nouveau pour souligner la flagrante contradiction entre une politique dite de la qualité de la vie et Ie sabotage d'un parc ?

Vainement, on invoquerait la nécessité d'accroître la production d'énergie. Celle qui est envisagée est dérisoire par rapport à l'ampleur des besoins nationaux."

 

 

DAUPHINE LIBERE du 20/12/84 : Au conseil municipal, l'aménagement hydraulique du Cristillan

Depuis qu'elle avait présenté un projet qui n'a pas été autorisé en 1975, la Société méditerranéenne de combustible houille blanche et compagnie dispose du matériel nécessaire à la construction d'une conduite forcée et d'une micro-centrale sur le Cristillan. Ce matériel quoique ancien, semble fiable.

Les modifications apportées à la législation en matière de production d'électricité hydraulique ont conduit la S.M.C. houille blanche et Cie à proposer aux communes de Ceillac et de Guillestre d'assurer la maîtrise d'ouvrage du projet initial ; les communes associées au sein d'un Syndicat intercommunal à vocation unique (S.I.V.U.) lui confiant la fourniture du matériel et l'exploitation de la micro-centrale.

L'étude économique présentée, dont plusieurs points paraissent mériter une vérification est alléchante.

Consciente de l'atteinte qui sera portée au caractère attractif de la vallée du Cristillan par cet aménagement, la municipalité ne peut

pas s'engager sans précautions dans la réalisation d'un projet qui pourrait ou accroître sa capacité d'équipement ou altérer

la fréquentation touristique dé la commune. Après un débat très animé, la municipalité tout en réservant sa position définitive émet un accord de principe pour la constitution du S.I.V.U. et exige que, parallèlement à l'instruction de la demande d'autorisation, la S.M.C. prenne en charge une étude complémentaire qui sera réalisée par un cabinet choisi par le maître d'ouvrage. Cette exigence peut surprendre mais la municipalité considère qu'en fournissant le matériel, la S.M.C. est directement et immédiatement intéressée par ce projet et que dès lors, juge et partie dans cette affaire, son étude doit être corroborée par des tiers. S'il est encore trop tôt pour avancer des chiffres avec certitude, la commune de Ceillac pose le principe que les deux communes associées du S.I.V.U., également engagées dans le financement de ce projet, participeront à part égale aux résultats de l'exploitation de la micro-centrale (bénéfices, taxe professionnelle ... ).

L'aménagement hydraulique du Cristillan projeté en 1916 puis en 1975, verra-t-il le jour avant la fin de cette décennie ?

 

 

DAUPHINE LIBERE du 4/06/85 : Réunion du Conseil municipal à Ceillac

 S'il ne s'agissait d'un torrent fougueux on pourrait écrire que le projet d'aménagement hydraulique du Cristillan est un serpent de mer.

Au cours de l'automne 84 la société méditerranéenne Houille Blanche et Cie, dont le projet n'avait pu être réalisé en 1975, et à qui la législation ne permet plus désormais d'obtenir la concession, propose ses services techniques et le matériel dont elle dispose pour l'aménagement hydraulique du Cristillan par les communes de Ceillac et de Guillestre. On avance des chiffres mirobolants, tant au niveau de la production qu'au niveau des revenus puisque aussi bien chaque commune devrait recevoir chaque année cent millions de centimes, de bénéfices, après règlement des annuités de l'emprunt d'un milliard de centimes qui devra être souscrit.

L'affaire est trop alléchante pour la laisser tomber. La commune de Ceillac désigne ses représentants auprès du syndicat intercommunal à vocation unique dont elle adopte les statuts.

Si le partage à part égale du produit de la taxe professionnelle convenu antérieurement et qui semble poser un problème peut trouver un solution facile, les conclusions de l'étude volumineuse et bien documentée remise par la société Seret sont nettement moins enthousiasmantes bien que les résultats soient encore largement positifs et très intéressants. Informés de ce projet plusieurs techniciens se sont depuis, rendus sur place qui émettront leurs avis. On comprend que la municipalité de Ceillac qui ne redoute pas les investissements comme en témoignent ses budgets depuis de nombreuses années, préfère prendre toutes les précautions en la matière.

On reparlera donc de l'aménagement hydraulique du Cristillan.

 

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 DAUPHINE LIBERE du 28/07/78 : Les dégâts de l'hiver

 Mais cela ne fait pas oublier pour autant, aux ceillaquins, le rude hiver qui a laissé ses stigmates un peu partout dans la forêt et tout particulièrement dans la haute vallée du Cristillan où le poids de la neige, qui est tombée sans interruption du 12 au 14 janvier (deux mètres dix en quarante-huit heures) a littéralement écrasé les chalets restaurés et la Bergerie du Bois Noir.

Les dégâts sont extrêmement importants et la commune comme les propriétaires des chalets isolés sont totalement sinistrés.

La Bergerie avait coûté quarante millions de centimes. Elle n'aurait été amortie qu'en l'an 2002. Elle est entièrement rasée.

La même image de désolation a accroché notre regard tout au long de la vallée, du RiouFenc au Thioure. Au-dessous du premier nommé, le bois de Trembles a été haché menu, comme s'il avait été matraqué par des tirs d'artillerie. Plus bas, sous les Chalmettes, dont les chalets ont été démolis par des coulées de neige et des avalanches, les mélèzes ont été brisés comme des allumettes. Le village de Thioure a été entièrement écrasé et les chalets démolis comme au bulldozer, ainsi que la petite chapelle Saint-Barthélémy où les Ceillaquins se rendaient en procession pour y entendre la messe à l'occasion de la fête patronale,

Il faudra beaucoup de courage à ceux qui les avaient remis en état pour leur redonner vie.

Devant les ruines, le beau poème de Kipling nous revenait en mémoire : "Si tu peux voir en un seul jour détruit l'ouvrage de ta vie et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir... ".

Les sinistrés auront surtout besoin de beaucoup d'espérance

Mais l'espérance n'est-elle pas, par excellence, la vertu des gens de la Haute Montagne ?...

 

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ECOLE

 En raison de la croissance de la fréquentation scolaire une nouvelle école a été édifiée dans le village sur la rive gauche du Cristillan.

Elle comporte, au rez-de-chaussée, deux salles de classe pour l'école primaire et l'école maternelle, avec vestiaire et installations sanitaires, et, au premier étage, deux logements attribués aux institutrices. Un espace assez vaste autour du bâtiment constitue la cour de récréations.

En cas d'intempéries, la récréation a lieu dans une salle polyvalente ajoutée au rez-de-chaussée, qui sert de préau aux enfants et de salle des fêtes pour la population (cérémonies, réceptions, séances de cinéma, conférences, bals, etc ... ). Ses dimensions sont de 11 mètres sur 13 mètres et elle est pourvue d'installations sanitaires et de vestiaires.

 

- Coût de l'école : 853 900 F
 - subvention Commissariat à la Rénovation en Montagne ......... 503 900 F

- subvention .......................................................................................... 350 000 F

 

- Coût de la salle polyvalente : 324 000 F

 - subvention Secrétariat d'Etat Jeunesse et Sports .......... 259 000 F

- subvention du Département ..................................................... 25 900 F

- fonds propres à la commune .................................................... 39 100 F

 

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