LE LOUP

DANS LE QUEYRAS...


Les loups sont dans le Queyras... On estime leur nombre à une dizaine d'individus (sur la cinquantaine dénombrée en France) plus ou moins fixés sur Arvieux (mouflons) et dans le Haut Guil (mouflons, chevreuils ...). La fixation est possible du fait de la présence de proies l'hiver. Ce sont des loups des Appenins qui se sont d'abord installés dans le parc du Mercantour et qui, peu à peu, essaiment vers le nord.

Contrairement au Mercantour, la venue du loup, dans le Queyras a pu être préparée. Si l'installation du loup n'est pas acceptée par tous, des dispositions ont été prises pour le dissuader de s'attaquer aux troupeaux domestiques et jusqu'à maintenant ces mesures (chien de protection Patou, enclos large pour la nuit, construction de cabanes en altitude, mise en place d'un réseau radio, formation des professionnels, informations du grand public, évolution des savoir-faire des bergers) se sont avérées plutôt efficaces.

 Les parlementaires, sous la pression des éleveurs, ont discuté de l'opportunité de la présence du loup en France. Les ministères de l'agriculture et de l'environnement ont négocié et ont proposé de ne tolérer le loup uniquement dans les parcs du Mercantour et du Queyras, la rédaction d'un document officiel, qualifié de " Plan Loup ", proposant des règles du jeu pour la gestion de l'espèce en France.

Actuellement, ce plan vivement contesté a été revu et les négociations se poursuivent...

 

Carte d'identité

Nom latin : Canis Lupus

portée : 4 à 6 louveteaux

Nom commun : Loup

gestation : 63 jours

Poids : 12 à 70 Kg, selon espèce

Vision : parfait nyctalope

Longueur : 100 à 150 cm

Ouïe : jusqu'à 8 Km

Hauteur au garrot : 70 cm en moyenne

Odorat : jusqu'à 3000 m

Vitesse de course : 70 Km/h en pointe

Ordre : carnivore

Espérance de vie : 8 à 16 ans, 20 en captivité

Nombre de dents : 42

 

Différence chien ~ loup

Il est très difficile, d'une manière générale, de différencier l'un de l'autre. Ce sont tous deux des canis lupus. Il est des chiens qui présentent nombre de caractères du loup, autant dans leur anatomie que dans leur comportement, et vice-versa.

- oreilles moins pointues et plus courtes

- traces alignées (il déporte ses pattes à l'intérieur quand il marche)

- pelotes avant détachées comme le renard

- gueule plus ouverte 

- yeux de couleur jaune doré, réfléchissant la lumière

- yeux légèrement obliques

- comportement fugitif vis à vis de l'homme

- foulée plus longue en général (Il lance la patte)

 

La couleur du pelage

Le poids et la taille du Loup peuvent être extrêmement variables selon la région, sa couleur n'est pas non plus uniforme. Mais tout de même, les variations géographiques de milieu et de climat ont permis d'individualiser des sous espèces par la couleur du pelage, la taille et le poids.

 Ainsi, en général :

· Le Loup arctique, le Loup du Groenland ont une robe blanche et soyeuse.

· Le Loup de la Toundra, le Loup de L'Hudson ont un pelage blanchâtre.

· Dans le Mackenzie, il est sombre voire noir.

· Dans l'île de Vancouver, il est gris.

· En Europe, le pelage est fauve, mêlé de gris et de noir. En Espagne, il devient gris acier tandis qu'il s'éclaircit en Sibérie.

· Dans le Queyras, s'agissant du loup des Appenins, il présente une robe beige-fauve avec un filet noir sur chaque patte avant. Le poil présente, en général, 4 sections colorées : blanc à la base, gris foncé, blanc, gris très foncé à noir à l'extrémité supérieure.

 

L'odeur

Elle joue un rôle très important dans la vie du Loup. Il possède plusieurs glandes spécifiques, l'une autour de l'anus et l'autre sur le dos, se positionnant à environ 7 cm avant la naissance de la queue.

L'odeur émise par ces glandes est aussi individuelle que nos empreintes digitales, constituant ainsi l'essentiel de la carte d'identité de chaque animal. Le flair du loup est très développé. Il semble pouvoir flairer une proie à 3 km de distance. L'étendue de l'odorat dépend des conditions atmosphériques.

Les canidés sont des territoriaux. Ils délimitent leur fief par l'urine, les crottes, leur odeur et en grattant la terre. Ils marquent ainsi leurs frontières, leurs chemins.

 

 La vue

Le Loup possède également une vue perçante qui détecte le moindre mouvement devant lui. Ses yeux sont placés à l'avant de la tête dotant ainsi le Loup d'une vision n'atteignant pas 180°, par opposition aux espèces qu'il chasse affichant une vision supérieure à 300°. Ceci lui confère une vision en relief particulièrement pointue, répondant aux besoins de la chasse.

Comme le chat, les yeux des Loups possèdent un tissu particulier, le Tapetum Lucidum qui facilite la vision dans des conditions d'éclaircissement minimales et rend les yeux phosphorescents.

 

 La dentition

Le Loup possède quarante deux dents : 12 incisives, 4 canines, 16 prémolaires et 10 carnassières et molaires. Les canines sont longues de 2,54 cm, fortes, pointues et légèrement courbes. Elles servent à tuer et à tenir la proie.

Le Loup ne mâche pas sa nourriture, il utilise ses carnassières pour découper un morceau de viande qu'il avale ensuite entier.

 

 

Le loup est un chasseur équipé : ouïe, vue, odorat développés,

dentition adaptée et aptitude à la course.

 

Répartition géographique et territoire

La superficie du territoire du loup dépend de la saison, du climat, de la densité des proies, de la tranquillité des lieux, des espaces plus ou moins vastes occupés par les populations humaines voisines.

Chez les loups, le territoire, espace nécessaire à la survie, délimité et défendu, propriété privée, peut s'étendre sur une superficie comprise entre 100, 200 et 300 km2. Et ce territoire n'est pas fixe ; il peut, selon la saison par exemple, subir des modifications très importantes. Il est même possible qu'il soit abandonné temporairement, voire définitivement. On peut considérer qu'un couple qui va être chargé de famille est évidemment fixé pendant une période assez longue dans un secteur donné.

Parfois il n'est pas possible de parler de territoire de chasse. C'est le cas lorsque les loups suivent les troupeaux d'animaux sauvages comme les caribous tout au long de leurs migrations. Ainsi donc, chez les loups la notion de territoire est assez élastique selon la saison, le climat et la recherche de différentes espèces de proies.

Les limites du territoire sont marquées, en plusieurs endroits, par les défécations et des urines laissées au pied des arbres, sur les rochers et les talus par des dominants et les autres membres du clan. Pour parfaire le marquage, les glandes fessières et celles situées entre les coussinets des pattes sont utilisées. Si des loups voisins acceptent les limites, ils urinent sur les indices, en revanche, si, poussés par l'envie et la curiosité, ils se risquent à franchir la frontière, ils sont reconduits sans ménagement.

Une meute peut, cependant, accepter en son sein de nouveaux individus extérieurs.

Les loups communiquent également leur présence en hurlant. Quand les conditions sont favorables, l'homme peut percevoir leurs hurlements jusqu'à 10 km. Les loups hurlent par tous les temps, aussi bien la nuit comme le jour, lorsqu'ils sont couchés ou debout, seul ou en meute.

Leurs hurlements durent entre une à dix secondes. Chaque loup à sa propre voix, grâce à elle et à son ouïe fine, il est capable d'identifier un congénère distant de 6 km.

Seul le loup dominant indique le moment opportun du départ ainsi que la direction à suivre, il confie l'ouverture de la voie à sa femelle, ou au mâle de second rang. Quand le clan progresse, les loups marchent en file indienne, posant leurs pattes dans les traces de celui qui précède. Cette façon de se déplacer est appelée " à la queue leu leu ". " Leu " étant le terme employé au moyen âge pour désigner le loup. En une nuit, un loup peut parcourir 100 km. Forcé, il est capable de couvrir de très longues distances.

 

Tactiques de chasse

Si possible les loups se déplacent contre le vent et utilisent trois méthodes de chasse : une avance jusqu'à l'apparition d'une proie, le suivi d'une odeur perçue par le vent, ou encore celui d'une piste laissée par les empreintes ou l'odeur d'une proie, sans se soucier alors de la direction du vent. Dans tous les cas, ils préfèrent approcher la proie dans le sens contraire du vent, afin d'éviter l'alerte de leur présence. Quoique chasseurs capables d'attraper la plupart des proies, ils préfèrent rejoindre celle-ci au plus près avant de la tester. Apercevoir la proie et la tuer sont deux choses différentes, les loups mangent de tout, de la souris jusqu'à l'élan, mais tuer des animaux aussi grands que l'élan, le caribou ou le bœuf musqué comprend plein de dangers.

Dans les Alpes, les proies sauvages chassées par les loups sont les ongulés tels que chevreuil, mouflon, cerf, sanglier, chamois, les petits mammifères (lièvre, marmotte...), les micromammifères (souris...) et même les insectes et des fruits.

Après la localisation visuelle ou nasale d'une proie, les loups s'efforcent de l'approcher au maximum avant d'être découverts.

Au fur et a mesure que le parcours se rétrécit, l'excitation accroît, par l'agitation de la queue. Tous les canidés montrent leur excitation identiquement.
 C'est à ce stade que des louveteaux peuvent gâcher la chasse par leur empressement à se lancer impétueusement aux trousses de la victime, alertant celle-ci avant que la meute ne se retrouve suffisamment près, pour mener la chasse à terme. Si la neige est épaisse, ce risque est moindre, puisque que les loups se suivent en file indienne, les louveteaux en derniers.

Chaque attaque teste sa proie. Si les loups ne parviennent pas à conclure après une course d'à peu près 300 mètres, la chasse est normalement abandonnée. Si la proie se retourne contre eux de façon déterminée ou les charge, ils abandonnent également. Ceci n'est pas toujours vrai, en particulier avec les petits ongulés.

Quand les loups sont suffisamment rapprochés pour attaquer, le plus près s'efforce de mordre les pattes ou les flancs de la proie. Ensuite le chef tente d'attraper le museau de l'animal, pour l'immobiliser pendant l'attaque de la meute. (On peut aussi observer des attaques plus directes à la gorge chez les petits ongulés, la proie mourant ainsi étouffée, voire égorgée si une carotide est touchée.)

En déchirant les muscles des pattes, ils arrivent rapidement à renverser l'animal par terre, pour le tuer. le couple dominant mange côte à côte en premier. Si la taille de la proie le permet, et les autres loups attendent leur tour. Chaque loup se restaure tant qu'il le peut. Dans le cas d'une grande bête, les loups demeurent près de la carcasse jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien à manger.

Les recherches démontrent que les loups tuent de préférence les jeunes animaux de moins d'un an, ou alors les plus vieux, ce qu'on comprend, vu que ces animaux sont beaucoup plus faciles à chasser. Cependant, ils sont souvent dépeints à tort en prédateurs "sanitaires", ne tuant que les vieux et les malades. Le loup n'est pas seulement opportuniste, il montre également des préférences évidentes.

Prenons l'exemple des bœufs musqués, qui développent un cercle défensif. Avec une tactique très simple et en même temps très élaborée, la meute se cache derrière des buissons pendant qu'un loup va provoquer un mâle qui va finir par pourchasser le loup, ceci va amener l'animal vers les autres loups qui vont finir par l'avoir. C'est simple, mais il fallait y penser.

Il n'y a pas de tactique unique. Le loup montre une grande adaptabilité au milieu, en tenant compte du terrain, de la saison, de l'espèce qu'il a choisie comme proie.

 

Le langage du panache

Suivant la position, le panache exprime :
assurance (1), menace (2), un soupçon d'agressivité (3), quiétude (4),

menace mêlée de peur (5), la soumission amicale (6) ou la soumission totale (7).

 

Le langage des crocs

Les crocs peuvent exprimer :
menace d'un dominant (A), menace d'un sujet inférieur (B), soupçon (C),

expression normale d'un supérieur (D), timidité chez un subordonné (E)

 

 

Taille de la meute ~ Reproduction

  louveteaux L'apprentissage de la vie

Les louveteaux tètent beaucoup et si, durant les premiers jours de leur vie, ils sont lents, malhabiles et s'ils geignent beaucoup, leur extraordinaire vitalité ne tarde guère à se manifester. Vers le cinquantième jour de leur existence débute la période de sevrage.

Les parents régurgitent de la viande prédigérée, donc plus facilement assimilable. On tient à souligner que même s'ils reçoivent la nouriture non prédigérée, ils ne s'en porteraient pas plus mal. Âgés d'un peu plus de deux mois, ils sont capables de manger une poule ou un lapin.

La période du sevrage permet de repérer, au sein d'une même portée, les sujets qui seront les plus aptes à devenir des dominants. Ils se disputent des morceaux de viande en grognant avec l'intention d'intimider leurs frères et soeurs. Au cours des disputes qui se déroulent pendant le repas, émergent un ou deux louveteaux. Mais ils ne faut pas généraliser trop vite, un louveteau timide peut voir son caractère se modifier en l'espace de quelques jours, au point que sa confiance grandit et qu'il devient un des dominants.

  

 Travail de synthèse essentiellement réalisé par Mathieu Vallérian, élève de CM2.

 

Pour plus de renseignements sur le loup, il existe d'excellents sites :

http://www3.sympatico.ca/wolfgirl/

http://www.loup.org