La vallée héberge nombre de papillons, du commun au plus rare, tel le
papillon Isabelle seulement présent dans quelques vallées alpines. Les enfants du CE ont donc écrit un petit texte qui raconte la vie de la "petite tortue" (aglais urticae), un papillon que l'on rencontre fréquemment et qui arbore de jolies couleurs...

On signalera que dans le monde entier les papillons sont en voie de raréfaction pour certains et de quasi disparition pour d'autres. De même, l'on peut observer certaines espèces que l'on n'avait pas coutume de voir sous nos latitudes jusqu'à lors ; l'année 2003, avec son été caniculaire, a vu des migrations massives de papillons, jusque dans le nord de la France.


Nous avons récupéré de toutes jeunes chenilles sur des orties que nous avons replantées dans un vivarium de la classe. Les chenilles étaient bien petites et mesuraient 5 mm environ.
Chaque chenille était sortie d'un oeuf pondu par un papillon appelé "petite tortue".

Le premier repas des chenilles est constitué de la coquille de l'oeuf. Durant les premiers jours, elles vivent groupées (voir photo) et se nourrissent de feuilles d'orties. Puis, elles se séparent. Elles continuent à beaucoup manger et grossissent très vite, ce qui les oblige à muer régulièrement.


Jeunes, les chenilles vivent groupées.


Les chenilles grossissent très vite (appétit insatiable).


Quand elles sont devenues suffisamment grosses
(10 à 15 jours peuvent suffire), elles se suspendent la tête en bas et après plusieurs heures, la peau se déchire et apparaît alors la chrysalide qui reste à l'air libre (les papillons de jour ne font pas de cocon pour protéger la chrysalide).


La chenille se suspend afin de se transformer en chrysalide.


La peau se fend et la chrysalide apparaît.


A l’intérieur, un papillon se forme. Cela prend une dizaine de jours, la durée variant avec la température ambiante. Quand la métamorphose est achevée, la couleur des ailes transparaît à travers la chrysalide. On sait alors que la naissance est imminente...


La chrysalide fonce rapidement...


...et arbore de beaux reflets cuivrées.


La naissance est imminente !


La naissance se passe rapidement, en une minute environ. Le papillon s'extirpe de la chrysalide et a de toutes petites ailes. Une fois sorti complètement, il se suspend les ailes dirigées vers le bas et envoie du sang dans les nervures afin qu'elles atteignent leur taille normale. L'opération est très rapide et visible à vue d'oeil
(voir video naissance : version 1080p, version 720p et version 480p).

Avant de pouvoir s'envoler, le papillon reste suspendu assez longtemps afin que ses ailes durcissent. Il lui restera à trouver un partenaire pour pouvoir se reproduire, en espérant échapper à ses prédateurs, essentiellement les insectivores (oiseaux, araignées...).


D'abord, fendre le devant de la chrysalide.


S'en extirper en douceur...


... en veillant à ne pas abîmer les ailes.


Glisser lentement vers le bas.



Le plus dur est fait...



Maintenant, il faut déployer les ailes...



... qui grandissent très vite avec le sang envoyé dans les nervures.



C'est fini. Il faut désormais attendre que les ailes durcissent.




Voilà, c'est terminé, le papillon va pouvoir s'envoler...

 

Quelques autres papillons visibles dans la vallée

Le papillon Isabelle, un papillon nocturne splendide qui a fait l'objet d'un petit dossier...

 

Le machaon, alias grand porte queue, un des plus beaux papillons diurnes français avec le flambé qui présente également deux appendices au niveau des ailes postérieures.

 

Le sphinx du liseron, un papillon nocturne migrateur qui nous vient d'Afrique. C'est un des rares papillons avec le morosphinx (en vignette), son cousin, à faire du sur place en déroulant une trompe gigantesque pour atteindre le nectar des fleurs. Il est surtout visible à partir de la mi-juillet, à la tombée de la nuit quand il butine ses fleurs préférées comme les pétunias...

 

Queue fourchue. Devenu rarissime, ce papillon est, à l'état larvaire, une chenille surprenante qui joue d'artifices pour éloigner les importuns...


 


L'appollon est un papillon typique des montagnes puisqu'il ne vit qu'en altitude. La chenille hiverne à l'état juvénile dans l'oeuf.

A signaler que ce papillon est en voie de disparition.


Même si comme partout ailleurs, le nombre de papillons régresse, la vallée recelle encore bien d'autres lépidoptères : sphinx à tête de mort, grand mars changeant, morio, paon du jour, zygènes mouchetés, demi-deuil...